5/ 6/ 7 / 12/ 2019 – la République matraque et tire à tout va

Manifestations lyonnaises contre la réforme des retraites : la République matraque et tire à tout va

A l’issue de trois belles et intenses journées de mobilisation, jeudi 5, vendredi 6 et samedi 7 décembre 2019, le comité de liaison contre les violences policières établit un bilan provisoire des pratiques policières qui ont marqué ces journées.

Jeudi 5 décembre 2019

Beaucoup de gaz lacrymos place Victor Basch, près de Saxe-Gambetta, puis au niveau du pont de la Guillotière, puis sur les quais au niveau du skate park, et enfin place Jean Macé à la fin de la manif.

Vers 13h10, quai Claude Bernard, vers le skate park, V a reçu une grenade lacrymo au visage. Il a cru s’en tirer avec un gros hématome, mais a fait des malaises les jours suivants, ce qui l’a conduit à consulter… Il a cinq fractures au niveau de la pommette et va devoir être opéré.

Appel à témoignages pour ce blessé au visage : si vous avez été témoin de cette scène, merci d’envoyer vos témoignages.

Des personnes ont été matraquées autour de la place Jean Macé et de la rue des Verriers à la fin de la manif. Un quarantenaire a été blessé au crâne (une plaie qui saignait abondamment), alors qu’il était mains en l’air. Un autre homme a été blessé à la tête. Une personne s’est effondrée au sol suite à un coup de matraque. Un couple a été matraqué alors qu’il était enlacé et en pleurs (voir témoignage).

Un pompier a apparemment été blessé par un tir de gomme-cogne* ce même jour, si vous avez assisté à la scène, merci de nous contacter pour nous donner plus d’informations.

Vendredi 6 décembre 2019

Offensive brutale sur des mineurs du lycée Ampère-Saxe, gaz lacrymogènes, une lycéenne a été molestée et insultée, elle souffre depuis d’une lésion de la coiffe, tendon de l’épaule gauche. Un lycéen de quinze ans a été blessé au visage par un tir de gomme-cogne et hospitalisé (voir notre communiqué).

Samedi 7 décembre 2019

– W, 19 ans, a pris une grenade lacrymo dans la cheville place du pont. Pris en charge par les médics, il décide de continuer la manif, bien qu’il boite. Cours de la liberté, la police bloque la rue, ordonne aux manifestant-es de faire demi-tour et de se diriger vers le sud. W demande “laissez-moi passer, je suis blessé”, la police lui refuse le passage et lui ordonne d’avancer plus vite (il ne peut pas, il est blessé), lui met un coup de matraque en plus. Avec les lacrymos en plus, vers 17h, W se sent mal et s’étend, il est à nouveau pris en charge par les médics. Ce jeune homme a été blessé par la police, puis matraqué alors même qu’il venait de dire qu’il était blessé !

Pendant cette grosse charge de police, vers 16h30-17h30, autour du cours de la Liberté, d’autres personnes blessées ont témoigné directement :

– X a reçu un coup de matraque sur la tête, si fort qu’il en est tombé (cours de la liberté)

– Y, au moment de la charge, prend une rue perpendiculaire au cours de la liberté, une grenade de désencerclement (d’après une medic) lui est envoyée dans les jambes, mais n’explose pas. La police arrive pour la matraquer, elle arrive à se réfugier dans un magasin in extremis

– Un groupe de personnes, cours de la liberté, s’est vu charger par le camion des “forces de l’ordre”, des personnes ont été matraquées

D’après des témoins :

– un jeune a été frappé par cinq agents dans une rue perpendiculaire au cours de la liberté

– un ancien a été tapé sur la tête à coup de tonfa

– alors que des policiers insultaient une manifestante, un ami à elle s’est indigné, il a reçu un coup de matraque sur la tête, avait le crâne en sang…

Force et soutien à toutes ces personnes !

Heureusement, comme le répète la préfecture encore ce mardi 10 décembre, que « le droit de manifester est constitutionnel » !

* Nous bannissons le terme utilisé par la novlangue préfectorale de « LBD » (pour « lanceurs de balle de défense ») puisqu’en pratique ces armes sont systématiquement utilisées comme armes d’offensive contre les manifestant-es. Elles ont soit-disant remplacé les armes à feu pour les missions de maintien de l’ordre, mais en réalité, si les forces de l’ordre n’en avait pas, elles ne tireraient pas du tout, et chacun-e s’en porterait mieux !

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